Added description

La lombalgie chronique : fléau médical et financier . Facteurs de chronicisation et prise en charge

Retour sur la matinée du 14 Juin 2018 – 8h30- 10H30

Petit déjeuner thématique:
La lombalgie chronique : fléau médical, social et financier. Facteurs de chronicisation et prise en charge

Docteur Emmanuelle CHALEAT-VALAYER, Docteur Grégoire LE BLAY
Centre Médico-Chirurgical de Réadaptation des Massues, Lyon – Croix Rouge Française

Première cause d’arrêt de travail et de troubles musculo-squelettiques, plus de 6 millions de consultations, près du tiers des actes de kinésithérapie en ville, les lombalgies, qui désignent les douleurs du bas du dos, sont un véritable cauchemar pour des millions de personnes, aggravés par notre mode de vie sédentaire. Elles touchent toutes les catégories de personnes et tous les âges sont concernés. 540 millions de personnes souffrent de lombalgie dans le monde mais sont mal prises en charge, c’est le constat dressé par les auteurs d’une série de deux articles publiés encore récemment dans « The Lancet » (1). En France, la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), pour tenter de lutter contre les idées reçues sur la lombalgie a lancé une campagne de communication en novembre 2017 : « Bouger vous ». Mais lorsque la douleur est persistante au-delà de 3 mois, on parle de lombalgie chronique et on est face alors à un véritable fléau social, médical et financier qui conduit des salariés à des arrêts de travail de longue durée, voire une désinsertion sociale et professionnelle.  Le pronostic fonctionnel est sombre, la probabilité de reprise de travail est inférieure à 50 % après un an d’arrêt de travail continu et nulle après 2 ans. C’est la troisième cause de handicap chronique dans la classe d’âge de 45 à 64 ans et la première cause d’invalidité avant 45 ans dans les pays industrialisés.  La prise en charge médicale classique s’est avérée inefficace dans la  lombalgie chronique. Ainsi, ces dernières années, l’approche clinique a évolué  d’une approche biomédicale classique vers une approche bio-médico-psycho-social dans laquelle la « médecine physique et de réadaptation »(MPR) développe ses moyens d’actions.   Les revues de la littérature, étayées par de nombreuses recommandations, montrent l’efficacité des programmes multidisciplinaires intensifs (exercices actifs de restauration fonctionnelle, thérapies cognitivo-comportementale, éducation thérapeutique) intégrant la dimension psycho-sociale et un accompagnement au retour à l’emploi. Ces prises en charge multidisciplinaire permettent de diminuer les arrêts de travails dus à la lombalgie chronique (2). Actuellement, la sous-information publique et médicale quant au programme multidisciplinaire de MPR, la saturation des hôpitaux proposant ce type de programme,  est responsable d’un défaut de prise en charge des individus souffrant de lombalgies chroniques. De nombreuses recommandations ont été formulées de par le monde ; elles sont relativement claires mais posent, pour la mise en œuvre, un problème de choix de société de santé publique car la ressource est rare. Il reste une réelle difficulté quant à l’intervention la plus appropriée au bon moment pour le patient, les professionnels de santé, le décideur et le tiers payeur.

(1) Low back pain: a major global challenge. Stephanie Clark, Richard Horton. The Lancet. Published: March 21, 2018

(2) Chou  Diagnosis and treatment of low back pain : a joint clinical practice guideline from the American College of Physicians and the American Pain Society . Ann Intern Med 2007

Filed under: Non classé

Impact des programmes de prévention santé : Retour sur le petit déjeuner thématique du 8 février 2018


Compte rendu du petit-déjeuner du 8 février 2018 consacré à :

« Quel impact des programmes de prévention santé sur l’arbitrage auto-prévention / assurance »

Par Jean-Yves Lesueur, Professeur à l’université de Lyon, membre de la Chaire Prevent’Horizon

Le premier petit déjeuner de la Chaire Prevent’Horizon s’est déroulé le 8 février 2018 dans les locaux du partenaire Actuaris à Paris. Jean-Yves Lesueur, professeur à l’université de Lyon et membre de la Chaire, a présenté devant près de 50 personnes un premier état d’avancement de ses travaux portants sur l’impact attendu de l’adhésion des assurés aux programmes de prévention santé issus de l’ANI, sur leur arbitrage « auto prévention / couverture assurance ».

La mise en place de l’ANI depuis le 1/01/2016 et l’obligation faite aux assureurs d’investir au moins 2% des cotisations dans des actions de prévention dans leur offre de complémentaire santé au titre des contrats collectifs, a modifié l’environnement de choix des assurés à plusieurs égards. D’une part c’est un nouveau menu de contrats associant service d’assurance et service de prévention (souvent par inclusion) qui est offert à l’arbitrage des assurés. D’autre part, souvent associés à des objets connectés, l’assureur peut a priori mieux contrôler les efforts menés par les assurés en matière d’hygiène de vie et de santé. L’impossibilité, contrairement au principe du « pay as you drive » de l’assurance automobile, de mettre en œuvre une tarification discriminante en fonction des comportements en matière de prévention santé, a conduit la plupart des programmes de prévention offerts par les assureurs à baser les incitations à l’adhésion sur la gratuité du service offert ou sur un effet subvention réduisant le coût de l’effort. En échange de bons comportements, l’assuré peut obtenir des tarifs préférentiels auprès de partenaires de l’assureur relevant des domaines de la forme et du fitness. Un accompagnement personnalisé des assurés en matière de prévention est également proposé pour inciter les assurés à adhérer au programme.

Jean-Yves Lesueur s’interroge sur l’influence de ce marché « émergent » de la prévention santé, sur la nouvelle stratégie d’arbitrage des assurés entre auto-prévention et demande d’assurance. Plusieurs questions directement liées à cet arbitrage sont abordées. Quels sont les facteurs d’adhésion à ces programmes de prévention ? Quels effets attendus des biais comportementaux ? Que devient le problème de l’aléa moral ? Peut-on espérer que les choix des assurés débouchent sur un bon appariement entre profil santé et choix de couverture assurancielle, ou doit-on anticiper un risque d’anti sélection ? Plus fondamentalement l’effet subvention dû à la gratuité est-il suffisamment incitatif pour atteindre les effets attendus de ces programmes, ou doit-on s’interroger sur un système de bonus-malus ?

Lors de son exposé, Jean-Yves Lesueur montre que les propriétés des modèles d’assurance issus de l’article précurseur d’Ehrlich et Becker sont totalement remises en cause sous l’effet subvention de l’offre de prévention par les assureurs. Dans le cas de l’autoprotection (prévention primaire) on assiste à une substituabilité (et non plus à une complémentarité) entre autoprotection et assurance, mettant en évidence un effet d’éviction qui est illustré par un comportement de « sous-assurance ». Dans le cas de l’auto-assurance (prévention secondaire), l’effet subvention conduit à une complémentarité (et non plus une substituabilité) entre l’effort de prévention et la couverture assurance, l’effet subvention générant un comportement de « sur-assurance ».

Après avoir étayé ses résultats par plusieurs études économétriques ou des expériences naturelles sur données américaines, canadiennes et européennes, Jean-Yves Lesueur souligne en conclusion que les prochains développements de cet axe de recherche de la Chaire visent à confronter ces propriétés aux données fournies par les partenaires assureurs de la Chaire.          

Voir ou revoir les slides de la présentation de JY. Lesueur

Filed under: Evénements de la chaire

Impact des programmes de prévention santé sur l’arbitrage « Auto-prévention – Assurance »

Petit déjeuner thématique
Jeudi 8 février 2017, Paris
à 9h (accueil café à partir de 8h30)

Par Jean-Yves Lesueur, Université de Lyon – Chaire Prevent’Horizon

La concurrence par comparaison des systèmes de santé Européen ne plaide pas en faveur du cas français. A dépenses de santé identiques voire plus faibles, plusieurs partenaires européens manifestent de meilleurs résultats en espérance de vie sans incapacité à 65 ans comme en taux de  décès prématurés évitables par prévention primaire avant 65 ans. Face à ce paradoxe, les réformes institutionnelles mises en œuvre ces dernières années, ont eu pour objectif de déplacer le curseur de la médecine curative vers la médecine préventive. Dans un contexte de déficit public, les incitations visent à favoriser le développement d’un marché de la prévention lié au marché de l’assurance complémentaire santé. Avec l’Accord National Interprofessionnel (ANI) mis en place depuis 2016, les entreprises du secteur privé ont obligation de proposer leurs salariés des complémentaires santé. Par cet accord, les contrats d’assurance collectifs, et par contamination les contrats individuels, sont accompagnés d’une offre souvent incluse et gratuite, de programmes de prévention assurant un accompagnement  personnalisé des assurés dans leur hygiène de vie et leur santé. On étudie dans cet article les conséquences du point de vue de l’assuré de l’adhésion à de tels programmes de prévention. Il s’agit notamment d’analyser l’impact de cette offre gratuite de prévention, sur l’arbitrage entre effort de prévention et couverture assurantielle. Nos résultats montrent que la gestion du risque d’aléa moral est dans ce contexte fortement affectée par rapport aux prédictions des modèles d’assurance s’inscrivant dans la lignée de l’article précurseur d’Erhlich et Becker (1972).

 

Filed under: Evénements de la chaire

La Chaire aux 15èmes rencontres Assurance Santé – 14 novembre 2017

La Chaire Prevent’Horizon était présente aux 15èmes Rencontres Assurance Santé organisées par ARGUS de l’assurance Events.

Jean-Yves Lesueur, membre de la Chaire Prevent’horizon, a participé à la table ronde « Comment construire un modèle de prévention rentable et durable au sein d’une stratégie de services globale » dans le cadre des 15èmes rencontres Assurance Santé organisées à Paris le 14 novembre 2017. A l’occasion de cette table ronde animée par François Limoge (Argus de l’assurance) et où participaient Philippe Darbat (Directeur général délégué AG2R La Mondiale), Virginie Femery (Directrice santé et prévention, Groupe VYV) et Yves Guenin (secrétaire général Optic 2000), Jean-Yves Lesueur a présenté la structure institutionnelle, les objectifs et le programme de recherche de la chaire Prevent’Horizon.

Le débat qui a suivi la présentation de la Chaire s’est articulé sur deux thèmes. Le premier portait sur le positionnement de l’offre de prévention sur le marché de l’assurance entre relais de croissance, élément de fidélisation ou de différentiation sur le marché. Le deuxième thème a porté sur l’impact des nouvelles technologies (objets connectés) sur le marché de la prévention. Dans son intervention, Jean-Yves Lesueur a centré l’éclairage sur l’influence des biais comportementaux (notamment inertie et incohérence temporelle) et des effets d’externalité de l’offre de prévention, sur l’adhésion et la fidélisation des assurés aux programmes de prévention annexés aux contrats d’assurance santé. Son illustration par les résultats de l’enquête « Révolution numérique et assurance » menée en 2015 par HubTinsurance et GNReseach, ont trouvé un écho dans les témoignages des participants à ces journées. Les problèmes rencontrés dans l’adhésion aux programmes de prévention @assurance développés dans le cadre des contrats collectifs depuis la mise en place de l’ANI en 2016, semblent bien confirmer une certaine inertie des assurés face aux programmes de prévention. Elle  se manifeste par une certaine réticence à révéler à l’assureur les informations sur hygiène de vie via les objets connectés et une préférence pour maintenir dans ce domaine une relation bilatérale avec les professionnels de santé.

Le débat a fait apparaître une convergence entre les projets de recherche de court et moyen terme de la Chaire (rôle des comportements dans l’adhésion, la fidélisation, arbitrage auto prévention et couverture, littératie…) comme ses champs d’application (soins dentaire, diabète, risques cardio vasculaires, cancer, obésité, pénibilité et stress au travail…), avec les questionnements contemporains des assureurs sur l’accompagnement de l’offre de prévention (par option ou inclusion dans le contrat d’assurance santé).

Lire l’article publié dans l’Argus lors de la création de la chaire

Filed under: Evénements de la chaire

6 juin 2017 – Création de la chaire Prevent’horizon


Le 6 juin 2017, les partenaires académiques et financiers, ainsi que les représentants de la Fondation du Risque, se sont réunis dans les locaux de l’Institut Louis Bachelier au Palais Brongniart à Paris pour signer la convention pour la création de la chaire Prevent’Horizon.

Filed under: Evénements de la chaireTagged with: , , ,