Auteur : marine.brocard

*Recherche* La gestion publique de la crise sanitaire du covid-19 : Paternalisme ou libertarisme ?

Jean-Yves LESUEUR, Université de Lyon, Chaire Prevent’Horizon

En déclarant dans une interview des Echos du 18 avril 2020 « J’aime mieux attraper le covid 19 dans un pays libre que d’y échapper dans un Etat totalitaire ? », le philosophe André Comte Sponville, porte un jugement très sévère sur les mesures de confinement Covid-19 mises en place en France et en Europe.

Par ses déclarations, ce membre de la société savante porte caution au scepticisme, à l’incompréhension, mais plus grave encore, à la contestation embryonnaire qui fleuri aujourd’hui dans une partie de la population américaine, face aux privations de liberté individuelle que le confinement implique. Après les climato-sceptiques allons-nous désormais devoir faire face aux « confino-sceptiques » ?

Une sous évaluation des effets externes et la méconnaissance de la dimension comportementale du problème de la prévention santé sont au cœur de cette contestation naissante. Compte tenu des enjeux sans précédents de cette crise sanitaire, il nous a semblé utile d’apporter un peu de cohérence économique et de réalisme statistique à ce débat naissant, pour éviter de semer le doute sur des mesures de prévention sanitaire qui selon nous s’imposent dans le contexte du Covid-19.

Nous abordons cette analyse dans les sections suivantes :

  • Deux options face à une loi statistique épidémiologique robuste
  • La prévention santé : Entre libertarisme et paternalisme
  • Face au virus nous souffrons de biais comportementaux
  • Paternalisme et prévention santé : moins de liberté pour plus de sécurité
  • Des résultats économétriques qui confirment l’efficacité des mesures barrières
  • L’après confinement : Vers le paternalisme libertarien ?
  • Références

Accéder au papier complet ici

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*Communication* Conférence OICA-WACA : 100% en ligne!

Face à l'annulation, en raison de la crise sanitaire, de nombreuses manifestations scientifiques au plan international dans le monde actuariel, le laboratoire SAF et l'ISFA ont pris l'initiative d'organiser une manifestation en ligne (conférence de type webinar); la chaire Prevent' Horizon étant un des partenaires de cette manifestation.

La chaire Prevent'Horizon, dont le programme de recherche concerne la prévention en santé, se trouve concernée à ce titre par les développements en recherche actuarielle, dans la mesure où la prévention apparaît comme l'instrument dual de l’assurance pour la gestion et le transfert de risque de santé.

La conférence OICA-WACA (Online International Conference in Actuarial science, data science and finance – What Actuaries Can Accomplish researchwise in 2020-21) s'est tenue en ligne les 28 et 29 avril 2020.

 

Plus d'infos: https://oica.univ-lyon1.fr/

 

Ci-dessous l'annonce en anglais.

About OICA Conference
(Online International Conference in Actuarial science, data science and finance)

Covid19 is going to change the financial markets and the insurance-reinsurance network.
As actuarial science, data science and finance researchers, we cannot easily help for the current phase as we are not medical doctors or epidemiologists.

But we can help to mitigate/manage the financial/risk management consequences by carrying out relevant research in 2020-2021. For this we need to learn now from experts and decision makers what the research challenges are.

Scientific committee
Hansjoerg Albrecher (Lausanne), Katrien Antonio (Leuven), Benjamin Avanzi (Melbourne), Pauline Barrieu (LSE, London), Mercè Claramunt (Barcelona), Nicole El Karoui (Paris), Romuald Elie (Deepmind), Stéphane Loisel (ISFA, chair), Mogens Steffensen (Copenhagen), Ruodu Wang (Waterloo), Hailiang Yang (Hong-Kong U.)

Invited plenary speakers
Beatrice ACCIAIO (LSE, London, United Kingdom)
José BLANCHET (Stanford University, CA, USA)
Caroline HILLAIRET (ENSAE, Paris, France)
Nora PANKRATZ (UCLA, CA, USA)
Jae Kyung WOO (UNSW, Sydney, Australia)

 

 

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*Communication* Fête de la Science 2019

Vivre en bonne santé, oui mais comment ? Nous sommes tou.te.s à la recherche d’informations qui nous permettraient de faire les bons choix au quotidien, mais comment trouver les bonnes informations et comment imaginer des moyens les plus efficaces pour les obtenir et les utiliser ?

Les chercheur.e.s de l’équipe HESPER ont proposé aux visiteurs de la Fête de la Science quatre ateliers interactifs autour de

  • l’alimentation (Qu’est ce que le Nutriscore ? Comment mieux le comprendre et l'utiliser dans la vie quotidienne),
  • du sommeil (Comment savoir ce qui est bon pour notre sommeil et comment mettre en place ces conseils?),
  • de l’activité physique (30 minutes d'activité physique par jour, quelles activités et comment les intégrer dans notre quotidien ?)
  • la recherche d’informations en santé (Trouver, comprendre et utiliser les informations en santé, comment s'y prendre ?).

Samedi 12 octobre, de 14h à 18h, au Village des sciences à l'ENS de Lyon (Site Monod - Atrium - Amphithéâtre Mérieux).

Plus d'infos ici : http://www.ens-lyon.fr/evenement/savoirs/sante-vivre-en-bonne-sante-une-recherche-pour-tous

Site officiel en AURA: https://www.fetedelascience-aura.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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*Recherche* Assurance & Prévention: Expérimentation

Assurance et prévention : comment les individus font-ils leur arbitrage ?  

Morgane Plantier – Doctorante de la Chaire Prevent’Horizon, Laboratoire SAF

 

La théorie classique en économie de l’assurance explique que les assureurs, ne pouvant observer toutes les caractéristiques et comportements des assurés (asymétrie d’information), font face à deux problèmes majeurs. Un problème de sélection des individus en fonction de leur niveau de risque d’une part (problème d’anti-sélection), et un problème d’incitation lié au fait que les individus les mieux assurés auront moins d’incitations à faire des efforts pour diminuer leur niveau de risque d’autre part (problème d’aléa moral).

Dans le contexte de la santé, ces deux arguments pointent ainsi du doigt la question de l’arbitrage individuel entre assurance santé et prévention, entre autres : Comment le niveau de risque des individus influence leur choix d’assurance ? Comment ce choix d’assurance influence leurs efforts pour diminuer leur niveau de risque ? De quelle nature est l’arbitrage entre ces deux décisions ? Ce sont autant de questions auxquelles il est difficile de répondre à partir de données d’enquête ou issues d’un portefeuille d’assurés, celles-ci ne contenant généralement pas les informations nécessaires pour comprendre les mécanismes de prise de décision des individus sous-jacents.

L’étude réalisée dans le cadre de la thèse de doctorat en économie de Morgane Plantier se propose de revenir sur la question de l’arbitrage individuel entre choix d’assurance et décision de prévention à partir de données expérimentales. L’approche expérimentale, qui consiste à placer les individus face à des choix concrets dans le cadre d’un environnement entièrement contrôlé (i.e. tous les éléments de l’environnement dans lequel sont prises les décisions sont observés), offre un accès rapide et simplifié à des données permettant de répondre à ces questions de recherche. L’expérimentation en laboratoire rend ainsi possible la comparaison entre les environnements, les institutions et les politiques incitatives afin d’en évaluer l’efficacité relative, sans avoir à subir les coûts sociaux et privés associés à leur mise en place. Enfin, elle permet également d’étudier des comportements qui sont difficiles à observer avec des données d’enquêtes (exemple : l’attitude vis-à-vis du risque).

 

La récolte des données expérimentales a débuté par une session pilote effectuée au mois d’octobre 2019, les sessions d’expérimentation débuteront en novembre 2019 et se poursuivront jusqu’à la fin de l’année 2019.

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*Recherche* Dépistages: freins & facilitateurs

Identification des freins et des facilitateurs à l’accès aux dépistages recommandés des populations défavorisées : une étude qualitative.

Alice Le Bonniec, Amandine Andrin, Alexandra Dima, Laurent Letrilliart (Laboratoire HESPER)

 

Il existe de fortes inégalités sociales de santé concernant l’accès aux dépistages recommandés, notamment au détriment des populations les plus défavorisées (Rigal, Rouessé, Collignon, Domingo, & Deniaud, 2011). Ainsi, les individus ayant un faible niveau socio-économique sont moins susceptibles de se faire dépister pour les maladies cardiovasculaires d’après une étude réalisée au Royaume-Uni (Lang, Abel, Mant, & Mullis, 2016) ou pour le cancer colorectal selon une étude effectuée en Espagne (Buron et al., 2017). Les travaux de Jacomelli et al (2017) en Angleterre ont aussi révélé des inégalités socio-économiques dans le dépistage des anévrismes aortique chez les hommes. En outre, une étude américaine (Steele, 2017) a révélé que les personnes en situation de handicap sont moins susceptibles de recevoir une recommandation pour un test de dépistage de cancer. Ce résultat est confirmé par une étude anglaise à propos des dépistages des cancers du sein et du côlon (Floud et al., 2017). Cependant, en France, peu de travaux s’intéressent aux pratiques de dépistage chez les populations précaires ou en situation de handicap.

Face à constat, l’objectif de cette recherche qualitative était d’identifier les facteurs limitant et facilitant l’accès aux dépistages recommandés à partir d’entretiens semi-directifs auprès des publics en situation de précarité ou de handicap. Trente entretiens (18 avec des personnes en situation de précarité et 12 avec des personnes en situation de handicap) ont été effectués puis retranscris. Enfin, une analyse de contenu thématique a été réalisée sur ce corpus d’entretiens.

Les principaux freins et facilitateurs de la participation aux dépistages sont présentés dans les tableaux suivants :

Ces résultats permettent de souligner l’influence négative que peut avoir la peur sur la participation aux dépistages, pour les deux populations interrogées. Cependant, pour les participants en situation de précarité, la peur peut au contraire s’avérer facilitante. L’influence de l’entourage (par exemple, participer au dépistage pour ses enfants, ou connaitre des personnes malades) peut avoir une influence positive. Par ailleurs, les participants en situation de précarité semblent rencontrer davantage de freins à la participation au dépistage que ceux en situation de handicap. A l’inverse, les personnes en situation de handicap ont cité plus de facilitateurs que ceux en situation de précarité. Les personnes en situation de handicap paraissent être plus influencées par des facteurs liés au milieu médical (elles ont davantage cité la recommandation du médecin comme un facilitateur et ont aussi évoqué la confiance dans le corps médical). Cela laisse supposer que les personnes en situation de handicap entretiennent plus de liens avec le milieu médical et les professionnels de santé, et que cela peut avoir un impact bénéfique sur leurs pratiques de dépistage.

Pour conclure, il est possible, sur la base de ces résultats, de proposer d’orienter de futures interventions vers une meilleure prise en compte de l’environnement social des individus (notamment l’entourage et le corps médical). Par exemple, l’utilisation d’ « individus modèles » présentés comme réalisant le comportement de dépistage pourrait permettre d’encourager la participation au dépistage. Enfin, l’effet double de la peur semble pouvoir être orienté par la manière de présenter le dépistage, c’est-à-dire comme un moyen d’éviter une maladie ou comme un moyen de préserver sa santé.

 

Références bibliographiques :

Buron, A., Auge, J. M., Sala, M., Román, M., Castells, A., Macià, F., … and the PROCOLON research group. (2017). Association between socioeconomic deprivation and colorectal cancer screening outcomes: Low uptake rates among the most and least deprived people. PloS One, 12(6), e0179864. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0179864

Floud, S., Barnes, I., Verfürden, M., Kuper, H., Gathani, T., Blanks, R. G., … Reeves, G. K. (2017). Disability and participation in breast and bowel cancer screening in England: a large prospective study. British Journal of Cancer, 117(11), 1711‑1714. https://doi.org/10.1038/bjc.2017.331

Jacomelli, J., Summers, L., Stevenson, A., Lees, T., & Earnshaw, J. J. (2017). Update on the prevention of death from ruptured abdominal aortic aneurysm. Journal of Medical Screening, 24(3), 166‑168. https://doi.org/10.1177/0969141316667409

Lang, S.-J., Abel, G. A., Mant, J., & Mullis, R. (2016). Impact of socioeconomic deprivation on screening for cardiovascular disease risk in a primary prevention population: a cross-sectional study. BMJ Open, 6(3), e009984. https://doi.org/10.1136/bmjopen-2015-009984

Rigal, L., Rouessé, C., Collignon, A., Domingo, A., & Deniaud, F. (2011). Facteurs liés à l’absence de proposition de dépistage du VIH-sida et des hépatites B et C aux immigrés en situation de précarité. /data/revues/03987620/v59i4/S0398762011002847/. Consulté à l’adresse https://www.em-consulte.com/en/article/324088

Steele, C. B. (2017). Prevalence of Cancer Screening Among Adults With Disabilities, United States, 2013. Preventing Chronic Disease, 14. https://doi.org/10.5888/pcd14.160312

 

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*Communication* Conférence IME 2019

Du 9 au 12 juillet s’est tenu la conférence IME 2019. Il s’agit de la conférence annuelle organisée par la revue Insurance : Mathematics and Economics, qui vient d’être reconnue en Australie comme la meilleure revue d’actuariat au monde. Réunissant près de 300 conférenciers à Munich, la quasi-totalité des problématiques actuarielles a été évoquée.

La Chaire Prevent’Horizon a été représentée par deux doctorants, Sarah Bensalem et Romain Gauchon. Cette conférence a donc été l’occasion de montrer à l’ensemble de la communauté internationale les travaux sur le ciblage d’une action de prévention ainsi qu’un nouveau modèle de prévention utilisant des mesures de risque.

 

 

Sarah BENSALEM

Prevention efforts, insurance demand and price incentives under coherent risk measures

Abstract: This paper studies an equilibrium model between an insurance buyer and an insurance seller, where both parties’ risk preferences are given by convex risk measures. The interaction is modeled through a Stackelberg type game, where the insurance seller plays first by offering prices, in the form of safety loadings. Then the insurance buyer chooses his optimal proportional insurance share and his optimal prevention effort in order to minimize his risk measure. The loss distribution is given by a family of stochastically ordered probability measures, indexed by the prevention effort. We give special attention to the problems of self-insurance and self-protection, and show that if the buyer’s risk measure decreases faster in effort than his expected loss, optimal effort is non-decreasing in the safety loading with a potential discontinuity when optimal coverage switches from full to zero. On the contrary, if the decrease of the buyer’s risk measure is slower than the expected loss, optimal effort may or may not be non-decreasing in the safety loading. In case of Pareto distributed losses, the seller sets the highest possible price under which the buyer still prefers full insurance over no insurance. We also analyze the case of discrete distributions: on the one hand, for self-protection, under the assumption that the marginal impact of the effort is higher on small losses than it is on catastrophic losses, the optimal effort is non-decrasing in the safety loading. On the other hand, in the case of self-protection, more conditions are needed, in particular, we obtain sufficient conditions for the optimal effort to be non-decreasing or non-monotone in the safety loading.

 

 

Romain GAUCHON

Health-policyholder clustering using health consumption

Abstract : On paper, prevention appears to be a good complement to health insurance. However, its implementation is often costly. To maximize the impact and efficiency of prevention plans these should target particular groups of policy-holders. In this article, we propose a way of clustering policyholders that could be a starting point for the targeting of prevention plans. This two-step method mainly classifies using policyholder health consumption. This dimension is first reduced using a Nonnegative matrix factorization algorithm, producing intermediate health-product clusters. We then cluster using Kohonen’s map algorithm. This leads to a natural visualization of the results, allowing the simple comparison of results from different databases. We apply our method to two real health-insurer datasets. We carry out a number of tests (including tests on a text-mining database) of method stability and clustering ability. The method is shown to be stable, easily-understandable, and able to cluster most policyholders efficiently

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*Recherche* Etude CoSMaS

Mieux vivre au quotidien avec une maladie chronique : une question de coopération?

Alexandra DIMA, laboratoire HESPER et membre de la chaire Prevent'Horizon
& Maha GANEM, ingénieure de recherche au laboratoire HESPER

 

La prévention ne concerne pas que les personnes en bonne santé. Pour ceux et celles qui vivent avec une ou plusieurs maladies chroniques, préserver leur santé est d’autant plus important, et complexe à organiser. Accompagner les personnes atteintes d’une pathologie chronique au quotidien est un défi pour un système de soins où le travail interprofessionnel, pourtant essentiel ici, n’est pas encore une réalité. Dès lors se pose la question de comment mieux travailler ensemble ? Des chercheures en psychologie de la santé, Alexandra Dima et Maha Ganem, du laboratoire HESPER mènent une étude qualitative sur les perspectives des patients et professionnels de santé concernant les soins collaboratifs dans l’auto-gestion des malades chroniques, l’étude CoSMaS.

Pour maintenir une bonne qualité de vie et éviter une détérioration de leur santé, les personnes atteintes d’une pathologie chronique doivent mettre en place un nombre important de nouvelles routines (prise de médicaments, maintenir un suivi médical régulier, surveiller leur état de santé…), et améliorer ou maintenir leurs comportements de prévention (activité physique, hygiène alimentaire, sommeil…) dans des situations de vie parfois difficiles. Elles sont accompagnées dans ces démarches d’une part par des professionnels de santé et autres intervenants (associations, services sociaux…), et d’autre part par leurs proches et entourage. Dans un système de santé construit autour des soins aigus, l’accompagnement au maintien d’une bonne qualité de vie en cas d’atteinte par des pathologies chroniques est encore en structuration. Une démarche coût-efficacité performante nécessite une bonne compréhension de l'état actuel des pratiques et besoins des acteurs du système de soins, ainsi qu’une co-construction des projets d'amélioration qui répondront aux besoins des patients et des soignants. Dans le cadre d’un projet de recherche financé par la Commission Européenne (https://cosmas4health.wordpress.com/), 108 entretiens ont été conduits avec des patients et professionnels de santé entre février 2018 et avril 2019 pour trois pathologies : le cancer du sein, l’asthme et l’AVC. Les plus de 5500 minutes d’entretiens de ce corpus, concernant l’accompagnement des patients afin qu’ils puissent vivre au mieux et le plus longtemps possible avec leur pathologie, est en ce moment en cours d’analyse.

Parmi les constats préliminaires, nous pouvons citer un consensus entre les patients et professionnels de santé concernant l’inadéquation de l’organisation actuelle des services de soins à l’accompagnement des personnes malades chroniques. L’une des limites identifiées et la plus importante est la transition entre les soins hospitaliers et les soins primaires. En effet, la fin des soins aigus est marquée par un manque de services d’orientation, qui induit des délais dans la prise en soins, entrainant des coûts plus importants par la suite, pour les patients et pour le système de soins. Les patients ont des difficultés à trouver les services dont ils ont besoin sur leur territoire. Les professionnels de santé de soins primaires, quant à eux, connaissent bien les besoins d’accompagnement de leurs patients mais manquent d’outils de coordination efficaces et de formations dans l’accompagnement à l’auto-soin. Enfin, la e-santé à une place centrale parmi les solutions proposées que l’étude CoSMaS explorera dans un second temps.

 

 

 

Maha GANEM, est ingénieure de recherche au laboratoire HESPER.

Elle a rejoint le laboratoire pour travailler avec Alexandra Dima à l’étude CoSMaS, un projet de recherche sur la prise en charge à long terme et l’accompagnement des personnes atteintes d’une pathologie chronique.

Avant de rejoindre le laboratoire, Maha était une journaliste géopolitique spécialisée en affaires publiques européennes et relations entre l’Union européenne et l’Afrique.

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*Recherche* Adhésion aux traitements préventifs dans l’ostéoporose et en post-AVC

Marie Viprey, Post doctorante du laboratoire HESPER

La non-adhésion aux médicaments est endémique dans le monde entier et entraine une diminution du rapport coût-efficacité des traitements en soins chroniques. Dans les systèmes de santé où les traitements sont de plus en plus efficaces et coûteux et où le nombre de patients chroniques augmente, il devient urgent de mieux comprendre la dynamique de l'adhésion thérapeutique, ses déterminants et de mettre en place des interventions efficaces. L'adhésion thérapeutique des patients est un comportement de santé complexe, dont les déterminants sont encore peu connus. Si certains déterminants liés au patient et au traitement (nombre de médicaments, …) ont été identifiés dans la littérature, les déterminants liés au parcours de soins, au système de santé ou aux représentations des patients sur leur maladie et leur traitement restent à explorer. Il apparait également que les comportements de non adhésion des patients peuvent différer d’une pathologie à une autre : la non initiation (le patient ne démarre pas le traitement qui lui est prescrit), la non persistance (le patient arrête le traitement avant la fin de la prescription), ou la prise non conforme à la prescription en terme de posologie, sont autant de comportements différents à identifier afin d’imaginer des interventions efficaces pour améliorer l’adhésion thérapeutique.

Marie Viprey est impliquée dans plusieurs projets sur l'adhésion thérapeutique, dont l’étude GENEROS (étude comparative de l’adhésion thérapeutique des patients ostéoporotiques initiant un traitement par médicament princeps versus générique de bisphosphonate oral) en cours de publication, l'étude OBSTACLE (identification des déterminants de l'adhésion thérapeutique des patients après un accident vasculaire cérébral) en cours d’analyse, et l'étude MUCOBS (identification des déterminants de l'adhésion thérapeutique des patients atteints de mucoviscidose) en cours de publication, qui a permis la construction dans un deuxième temps de l'étude MUCOBS-TRIAL (co-construction et évaluation de l'efficacité d'une intervention visant à améliorer l'adhésion thérapeutique des patients atteints de mucoviscidose) qui va bientôt démarrer. Ces études ont comme point commun l’utilisation des données de dispensation de l’Assurance Maladie pour le calcul de l’adhésion thérapeutique.

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*Communication* Congrès ESOC 2019

European Stroke Organisation Conference 2019

Du 22 au 24 Mai 2019, plus de 4500 participants venus du monde entier, et 1800 résumés soumis et résultats d’essais cliniques ont été présenté à l'occasion de la Conférence Européenne sur les Accidents Vasculaires Cérébraux.

ESOC est un événement mondial incontournable permettant aux cliniciens et aux scientifiques de présenter, discuter et échanger des compétences sur le sujet de l'AVC en rapide évolution. Cette année, plusieurs membres du laboratoire HESPER ont présenté leurs travaux lors du 5ème Congrès ESOC qui a eu lieu à Milan.


Claire Della Vecchia, PhD student

Preventing participation restrictions after stroke: investigation of coping behaviors strategies used by patients as determinants of participation after mild and moderate/severe stroke

C. Della Vecchia1, M. Préau2, A. Termoz3, J. Haesebaert3, M. Viprey3, A. Dima4, A.M. Schott3.
1University Lyon 1 / University Lumiere Lyon 2, University Claude Bernard Lyon 1- HESPER EA 7425 / GRePS EA 4163, Lyon / Bron, France.
2University Lumiere Lyon 2 / University of Aix-Marseille, GRePS EA 4163 / INSERM UMR 912 SESSTIM, Bron / Marseille, France.
3University Lyon 1 / Hospices Civils of Lyon, University Claude Bernard Lyon 1- HESPER EA 7425 / Public Health Department, Lyon, France.
4University of Lyon, University Claude Bernard Lyon 1- HESPER EA 7425, Lyon, France

Background and Aims: The WHO International Classification of Functioning, Disability and Health (ICF) defines participation restrictions as “problems individuals experience in involvement in life situations”. Disabled individuals develop specific behaviors and actions to manage consequences of disabilities in daily life: this is called coping. As it was suggested that coping is a determinant of participation in some disabling conditions, we investigated coping strategies as determinants of participation in mild and moderate/severe stroke patients.

Methods: Self-administered questionnaires were sent at 6 months post-stroke to mild and moderate/severe stroke patients from the Stroke 69 cohort. Participation was measured with the Stroke Impact Scale (SIS.2.0) (0 to 100 (=excellent participation)), and coping strategies with the Brief Cope (4 dimensions: positive thinking, problem solving, avoidance, and seeking for social support). Univariate and multivariate linear regression analyses adjusted for potential confounders were performed.

Results: Among the 122 respondents, 83 had mild stroke (NIHSS ≤ 6) and 39 had a moderate/severe stroke. The two groups were similar regarding the significant association of positive thinking (acceptance, humor and positive reframing) and better participation (p<0.05). They were different regarding problem solving (active coping and planning) associated with higher participation score (β=2.9, p<0.05) only in moderate/severe stroke group, and avoidance which was negatively associated with participation (β=-4.2, p<0.05) only in mild stroke group.

Conclusions: We identified similar and different coping strategies associated with participation restrictions in mild vs moderate/severe stroke patients. This could help to design rehabilitation program and appropriate support which specifically address coping strategies improvement to prevent participation restrictions.


Julie Haesebaert, Medical Doctor, Assistant Professor

Gender inequities in stroke, does thrombectomy change the deal?

J.Haesebaert, MD, PhD1,2, A. Termoz, MPH1,2, M. Viprey, PharmD, PhD1,2, E. Bravant, MPH1,2 , N. Perreton, MPH2, N. Nighoghossian, Professor, MD, PhD3 L. Derex, MD, PhD1,3, A.M. Schott, Professor, MD PhD 1,2 

  1. Univ Lyon, University Claude Bernard Lyon 1, HESPER EA 7425, F-69008 Lyon
  2. Hospices Civils de Lyon, Public Health Department, F-69003 Lyon, France
  3. Hospices Civils de Lyon, Stroke Medicine Department, Bron, France

Introduction: Implementation of mechanical thrombectomy leads to new stroke care organization challenges. It is necessary to ensure that this won’t increase inequities in access to reperfusion therapies at acute phase. We aimed to study gender inequities in access to thrombectomy in a French prospective population-based cohort study.

Methods: All patients managed for confirmed ischemic stroke (IS) from November 2015 to December 2016 in the Rhône French county were prospectively included in the STROKE69 cohort (NCT02596607). We studied patients and stroke characteristics, management times, access to thrombectomy and 3-Month outcome (good for mRS=0-2) according to gender.

Results: The 1543 included IS patients comprised 766 (49.6%) women and 777 (50.4%) men. Women were older (mean age+/-SD 78+/-14.5 versus 70.5+/-14.3, p<0.001), and more severe at admission (NIHSS>=15 22% versus 16%, p=0.005) than men. They less frequently called emergency medical services (54% versus 64%, p<0.001) and were less managed in stroke unit (54% versus 68%, p<0.001) than men. Prehospital times were not significantly different but door-to-imaging time was longer for women than men (2h40 versus 2h27, p=0.01). Finally, for women versus men respectively, 9% versus 11% were treated with thrombectomy (adjusted OR*=0.9 (0.6-1.3), p=0.627), 22% versus 26% were treated with thrombectomy and/or thrombolysis (adjusted OR*=0.9 (0.7-1.2), p=0.537) and 51.7% versus 68.5% had good 3-month outcome (adjusted OR*=1.3 (0.9-1.9), p=0.093).

Conclusion: Disparities in stroke features and acute care pathway existing between gender do to not translate in differences in reperfusion strategies access or 3-month outcome.

* adjusted on age and NIHSS at admission.


Adèle Perrin

Is there an association between social deprivation and access to stroke reperfusion therapy? French population based cohort study.

Background and Purpose. A number of studies found an association between socio-economic status of individuals and poorer stroke management. However, few focused specifically on acute ischemic stroke (IS) treatment with controversial results. The aim of the present study was to determine whether social deprivation was associated with a poorer access to reperfusion therapy, either intravenous thrombolysis (IVT) and/or endovascular treatment (EVT) in a population-based cohort.

Methods. Between November 2015 and June 2016, all consecutive patients aged over 18 years with a suspected acute stroke admitted to any emergency department (ED) or stroke unit (SU) of the Rhône area were prospectively included in the STROKE 69 cohort. In the present study only patients with confirmed IS were included. The socioeconomic status was measured for each patient using the European Deprivation Index (EDI). We conducted multivariate logistic regression analysis adjusted for potential to assess the association between EDI and access to reperfusion therapy.

Results. A total of 1231 consecutive IS patients were included, 241 (19.6%) received a reperfusion therapy. Compared to patients who did not receive reperfusion therapy, 27.0% of the treated patients were deprived (level 5 of EDI) and the difference was not statistically significant (adjOR 1.08 (95%CI 0.64-1.82). Among other potential risk factors a direct admission in a comprehensive stroke center and a high stroke severity (NIHSS>=20) were associated with a higher access to reperfusion therapy, adjOR 2.99 (95% CI 1.59-5.64), and adjOR 3.31 (95% CI 1.47-7.45) respectively.

Conclusions. Although several studies have found social deprivation associated with a less good quality of care of acute IS patients, we did not find in this population-based cohort any significant association between socioeconomic deprivation and access to reperfusion therapy. This might suggest that the successive national plans to improve acute stroke management have been somewhat successful concerning social inequities reduction.


Aurélie Rochefolle, interne en pharmacie hospitalière

Evaluation de la poursuite du traitement de prévention secondaire post-AVC, primordial pour éviter la récidive d’AVC.

Background and Aims: One of the main challenges after ischemic stroke (IS) is to prevent recurrence by controlling risk factors such as hypertension, diabetes, dyslipidemia and atrial fibrillation. In this way, secondary prevention treatments are effective but adherence of patients constitutes a key issue. This study describes the persistence of different secondary prevention treatments during the first year post-stroke.

Methods: All IS patients admitted in any emergency department or Stroke Unit (SU) of the Rhône are (France) were included in the STROKE69 cohort (November 2015 - December 2016). Data on treatment prescription at hospital admission and upon hospital discharge were collected from medical files. Data on treatment prescriptions at 3 and 12 months were collected by a mailed self-questionnaire and telephone interview with the patient and/or his/her caregiver.

Results: The analysis was conducted within the 374 IS patients who were managed in a SU. Men represented 62% (n=231) and mean age was 68.2±14.7 years. At 12 months, the number of patients under treatment decreased respectively from 64 to 48% (-16%) for antihypertensive treatment, from 77 to 49% (-28%) for lipid lowering drugs, from 93 to 64% (-29%) for antiplatelets or anticoagulants and from 13 to 8% (-5%) for antidiabetics. Antiarrhytmics increased from 2 to 3% (+1%). Most treatment stops occurred in the first three months.

Conclusions: These results suggest that preventive treatments after an IS are not appropriately maintained over time. We have to further investigate the reasons for these stops: control of risk factors, non-persistence due to patient or to physician (non-adherence to guidelines).


Yufeng Xue, PhD student

Initial brain imaging type choice in acute suspected stroke patients: current status and associated factors

Background and Aims: Brain imaging is recommended for patients with suspected stroke for appropriate management and treatment in the acute phase. Both computed tomography (CT) and Magnetic resonance imaging (MRI) could be a reasonable initial choice as brain imaging. For medical centers with both techniques available, the choice may be associated with factors related to patients, to stroke symptoms and severity or to management organization.

Methods: The study was performed within the database of STROKE 69, a population-based cohort study of all adult patients with suspected stroke admitted within the 24 hours after symptoms onset in one of the emergency departments (ED), Primary Stroke Center (PSC) or comprehensive stroke center (CSC) of the Rhône county from November 2015 to December 2016. To identify factors associated with the choice of initial brain imaging, a multivariate logistic regression was performed.

Results: Among the 3244 patients with suspected stroke enrolled in STROKE69 cohort, 95.8% underwent brain imaging within the first 24h, among those, 74.6% had CT as initial choice versus 25.4% who had an MRI. In multivariate analyses, several factors were associated with a lower probability of having an MRI as initial brain imaging vs CT. These were either patients’ characteristics such as older age (> 80 years old, OR: 0.39 [95%CI, 0.29 to 0.54], P < 0.01), history of other ischemic heart disease (OR: 0.60 [95%CI, 0.36 to 0.98], P = 0.045), preexisting disability (OR: 0.56 [95%CI, 0.36 to 0.85], P = 0.008), without history of dyslipidemia (OR: 0.74 [95%CI, 0.55 to 1.00], P = 0.048),  use of anticoagulants (OR: 0.52 [95%CI, 0.33 to 0.80], P < 0.01) or symptoms characteristics such as wake-up stroke (OR: 0.42 [95%CI, 0.30 to 0.58], P < 0.01) or factors associated with overall management such as longer onset-to-door time (> 6 hours, OR: 0.38 [95%CI, 0.23 to 0.60], P < 0.01), initially admitted to ED or ICU (ED, OR: 0.03 [95%CI, 0.02 to 0.04], P < 0.01; ICU, OR: 0.02 [95%CI, 0.001 to 0.08], P < 0.01), transported personally (OR: 0.65 [95%CI, 0.44 to 0.95], P = 0.03) and admitted during working hours ((OR: 0.65 [95%CI, 0.50 to 0.84], P < 0.01).

Conclusions: Beside accessibility, this study showed that a number of other parameters could influence the choice or first imaging in front of a stroke suspicion which are linked to patients’ characteristics, type of stroke symptoms and type of organization.

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*Recherche* Quels dépistages réaliser selon l’âge et le sexe : un inventaire des recommandations de la Haute Autorité de Santé

Laurent Letrilliart1 & Karfala Maiga2

1 Professeur de médecine générale et chercheur au laboratoire HESPER, Université de Lyon 1.

2 Master 2 Actions de Santé Publique, Université de Lyon 1.

 

Le dépistage est une pratique de prévention secondaire qui consiste à détecter de façon précoce des maladies ou des facteurs de risque de maladies, dans l’objectif d’améliorer leur pronostic. Le dépistage s’adresse à des personnes asymptomatiques, en bonne santé apparente. Un examen de dépistage positif doit souvent être confirmé par un examen de confirmation pour conduire à un diagnostic. Il existe des dépistages organisés (ou « systématiques ») réalisés dans le cadre de programmes de santé publique et des dépistages opportunistes (ou « individualisés) réalisés dans le cadre d’une consultation médicale non spécifique.

Nous avons conduit une revue des recommandations de pratique clinique concernant les dépistages recommandés par la Haute Autorité de Santé (HAS) à partir d’une recherche sur le site web de l’agence. En dehors des dépistages obligatoires de l’enfant et des dépistages recommandés en consultation préconceptionnelle et chez la femme enceinte, nous avons identifié un total de 18 dépistages recommandés, qui ciblent principalement des cancers, des problèmes cardiométaboliques et des maladies infectieuses. Trois d’entre eux sont des dépistages organisés (cancers du sein, colorectal, et du col de l’utérus [en cours de généralisation]) et 15 des dépistages opportunistes. La majorité de ces dépistages (15) intéresse les hommes et les femmes. Douze recommandations sont de grade A (preuve scientifique établie) et une de grade C (faible niveau de preuve scientifique), une est basée sur un avis d’expert et quatre ont un grade non précisé.

Cet inventaire constitue la première étape d’un programme de recherche  intitulé « monpointdepistage », qui vise à développer un outil numérique permettant d’améliorer la participation des personnes concernées aux dépistages recommandés. Cet outil proposera un contenu validé basé sur les recommandations de la HAS et adapté au profil de risques de l’utilisateur ainsi qu’à son niveau de littératie en santé et de perception des risques. Il sera implémenté et évalué auprès de populations en situation de précarité économique ou de handicap, qui accèdent plus difficilement aux dépistages recommandés. Ce programme rassemble notamment des chercheurs cliniciens et psychologues de la santé du laboratoire HESPER et du laboratoire GRePS.

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