Impact des programmes de prévention santé : Retour sur le petit déjeuner thématique du 8 février 2018


Compte rendu du petit-déjeuner du 8 février 2018 consacré à :

« Quel impact des programmes de prévention santé sur l’arbitrage auto-prévention / assurance »

Par Jean-Yves Lesueur, Professeur à l’université de Lyon, membre de la Chaire Prevent’Horizon

Le premier petit déjeuner de la Chaire Prevent’Horizon s’est déroulé le 8 février 2018 dans les locaux du partenaire Actuaris à Paris. Jean-Yves Lesueur, professeur à l’université de Lyon et membre de la Chaire, a présenté devant près de 50 personnes un premier état d’avancement de ses travaux portants sur l’impact attendu de l’adhésion des assurés aux programmes de prévention santé issus de l’ANI, sur leur arbitrage « auto prévention / couverture assurance ».

La mise en place de l’ANI depuis le 1/01/2016 et l’obligation faite aux assureurs d’investir au moins 2% des cotisations dans des actions de prévention dans leur offre de complémentaire santé au titre des contrats collectifs, a modifié l’environnement de choix des assurés à plusieurs égards. D’une part c’est un nouveau menu de contrats associant service d’assurance et service de prévention (souvent par inclusion) qui est offert à l’arbitrage des assurés. D’autre part, souvent associés à des objets connectés, l’assureur peut a priori mieux contrôler les efforts menés par les assurés en matière d’hygiène de vie et de santé. L’impossibilité, contrairement au principe du « pay as you drive » de l’assurance automobile, de mettre en œuvre une tarification discriminante en fonction des comportements en matière de prévention santé, a conduit la plupart des programmes de prévention offerts par les assureurs à baser les incitations à l’adhésion sur la gratuité du service offert ou sur un effet subvention réduisant le coût de l’effort. En échange de bons comportements, l’assuré peut obtenir des tarifs préférentiels auprès de partenaires de l’assureur relevant des domaines de la forme et du fitness. Un accompagnement personnalisé des assurés en matière de prévention est également proposé pour inciter les assurés à adhérer au programme.

Jean-Yves Lesueur s’interroge sur l’influence de ce marché « émergent » de la prévention santé, sur la nouvelle stratégie d’arbitrage des assurés entre auto-prévention et demande d’assurance. Plusieurs questions directement liées à cet arbitrage sont abordées. Quels sont les facteurs d’adhésion à ces programmes de prévention ? Quels effets attendus des biais comportementaux ? Que devient le problème de l’aléa moral ? Peut-on espérer que les choix des assurés débouchent sur un bon appariement entre profil santé et choix de couverture assurancielle, ou doit-on anticiper un risque d’anti sélection ? Plus fondamentalement l’effet subvention dû à la gratuité est-il suffisamment incitatif pour atteindre les effets attendus de ces programmes, ou doit-on s’interroger sur un système de bonus-malus ?

Lors de son exposé, Jean-Yves Lesueur montre que les propriétés des modèles d’assurance issus de l’article précurseur d’Ehrlich et Becker sont totalement remises en cause sous l’effet subvention de l’offre de prévention par les assureurs. Dans le cas de l’autoprotection (prévention primaire) on assiste à une substituabilité (et non plus à une complémentarité) entre autoprotection et assurance, mettant en évidence un effet d’éviction qui est illustré par un comportement de « sous-assurance ». Dans le cas de l’auto-assurance (prévention secondaire), l’effet subvention conduit à une complémentarité (et non plus une substituabilité) entre l’effort de prévention et la couverture assurance, l’effet subvention générant un comportement de « sur-assurance ».

Après avoir étayé ses résultats par plusieurs études économétriques ou des expériences naturelles sur données américaines, canadiennes et européennes, Jean-Yves Lesueur souligne en conclusion que les prochains développements de cet axe de recherche de la Chaire visent à confronter ces propriétés aux données fournies par les partenaires assureurs de la Chaire.          

Voir ou revoir les slides de la présentation de JY. Lesueur

Thinking design collaboratif en santé : Lorsque méthodologie contributive améliore la qualité des échanges et de la production de contenus d’informations en santé

Petit déjeuner thématique
Jeudi 5 avril 2018 à 9h
Paris

Par Michèle FOINANT, Directrice de la Fondation Chaptal et Christophe JAURAND, Animateur et Thinking Designer Santé – Agence Keyzup

Retour d’expérience d’une démarche collaborative « Thinking design patient-partenaire » en éducation thérapeutique, sous la coordination de la Fondation Léonie Chaptal et du réseau ETP Ile-De-France, associant patients, aidants, soignants, chercheurs pendant 1 an pour la production de capsules vidéo autour des principaux enjeux de l’éducation thérapeutique.

Inscriptions ouvertes ici

Impact des programmes de prévention santé sur l’arbitrage « Auto-prévention – Assurance »

Petit déjeuner thématique
Jeudi 8 février 2017, Paris
à 9h (accueil café à partir de 8h30)

Par Jean-Yves Lesueur, Université de Lyon – Chaire Prevent’Horizon

La concurrence par comparaison des systèmes de santé Européen ne plaide pas en faveur du cas français. A dépenses de santé identiques voire plus faibles, plusieurs partenaires européens manifestent de meilleurs résultats en espérance de vie sans incapacité à 65 ans comme en taux de  décès prématurés évitables par prévention primaire avant 65 ans. Face à ce paradoxe, les réformes institutionnelles mises en œuvre ces dernières années, ont eu pour objectif de déplacer le curseur de la médecine curative vers la médecine préventive. Dans un contexte de déficit public, les incitations visent à favoriser le développement d’un marché de la prévention lié au marché de l’assurance complémentaire santé. Avec l’Accord National Interprofessionnel (ANI) mis en place depuis 2016, les entreprises du secteur privé ont obligation de proposer leurs salariés des complémentaires santé. Par cet accord, les contrats d’assurance collectifs, et par contamination les contrats individuels, sont accompagnés d’une offre souvent incluse et gratuite, de programmes de prévention assurant un accompagnement  personnalisé des assurés dans leur hygiène de vie et leur santé. On étudie dans cet article les conséquences du point de vue de l’assuré de l’adhésion à de tels programmes de prévention. Il s’agit notamment d’analyser l’impact de cette offre gratuite de prévention, sur l’arbitrage entre effort de prévention et couverture assurantielle. Nos résultats montrent que la gestion du risque d’aléa moral est dans ce contexte fortement affectée par rapport aux prédictions des modèles d’assurance s’inscrivant dans la lignée de l’article précurseur d’Erhlich et Becker (1972).

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6 juin 2017 – Création de la chaire Prevent’horizon

 Le 6 juin 2017, les partenaires académiques et financiers, ainsi que les représentants de la Fondation du Risque, se sont réunis dans les locaux de l’Institut Louis Bachelier au Palais Brongniart à Paris pour signer la convention pour la création de la chaire Prevent’Horizon.