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Les docs des Doctos

Sarah Bensalem

Sarah Bensalem travaille depuis un an avec Nabil Kazi Tani sur la création d’un modèle d’équilibre entre un assuré et un assureur quand leurs préférences respectives au risque sont données toutes deux par des mesures de risque convexes. L’interaction entre ces deux agents est modélisée par un jeu de Stackelberg dans lequel l’assuré joue en premier en offrant un contrat à un certain prix sous la forme d’un « safety loading ». Ensuite l’assuré joue à son tour en choisissant sa couverture assurantielle optimale et fournit son effort de prévention optimal pour minimiser sa mesure de risque. La distribution des pertes est représentée par une famille de mesures de probabilités indexées par l’effort de l’assuré. Grâce à leur travail, Sarah et Nabil ont montré que les principales conclusions de la théorie de l’assurance (notamment le travail d’Ehrlich et Becker (1972)) restent vraies dans leur cadre, de plus ils ont résolu le même problème en ajoutant de l’anti-sélection lorsque le type de l’assuré est inconnu et est représenté par son aversion au risque et sa probabilité de perte.

 

Steve Briand

Steve Briand collabore avec Jean-Yves Lesueur sur la question de l’arbitrage « Autoprotection – Assurance ». L’offre gratuite de programmes de prévention, accompagnant souvent les contrats de complémentaires santé, peut remettre en cause les conditions d’arbitrage entre l’autoprotection (prévention primaire) et la demande d’assurance des assurés (Ehrlich et Becker, 1972). En introduisant cette hypothèse dans un modèle d’assurance où les individus décident à la fois du niveau d’effort de prévention et du niveau de couverture d’assurance, J.-Y. Lesueur (2018) montre que l’offre subventionnée de programmes de prévention accroît l’effort d’autoprotection mais engendre en revanche un effet indéterminé sur le choix du taux de couverture : la relation « autoprotection/assurance » reste alors indéterminée. À partir de données d’enquête auprès des assurés d’Harmonie Mutuelle, les propriétés du modèle théorique de J.-Y. Lesueur (2018) sont étudiées empiriquement dans le cadre spécifique du marché de l’assurance dépendance. Les résultats économétriques préliminaires tendent à montrer qu’il n’y a pas substituabilité dans la relation « autoprotection/assurance ».

 

Morgane Plantier

Morgane Plantier traite actuellement les questions relatives aux comportements individuels en matière de santé : comment sont prises les décisions individuelles en matière de santé ? Quels déterminants sous-tendent les décisions de santé des individus ? Quel arbitrage entre assurance santé et comportement préventif ? Pour répondre à ces questions, elle exploite notamment les données de l’enquête santé et protection sociale (ESPS) et les données de consommation de soins de l’assurance maladie en utilisant des méthodes statistiques et économétriques pour modéliser le comportement des individus en matière de santé. Elle travaille actuellement, en collaboration avec Nathalie Havet et Jean-Louis Rullière, à la rédaction d’un premier article présentant les premiers résultats de leurs analyses sur les déterminants des dépenses de santé, en particulier le rôle de l’assurance santé et des biais comportementaux.

 

 

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Témoignages – Journées des chaires

Sarah Bensalem : La dernière manifestation à laquelle j’ai participé dans le cadre de la chaire en tant que spectateur et intervenant est celle des Chair Days les 11 et 12 juin 2018 à Paris. Cette intervention scientifique a été un événement organisé conjointement par les chaires DAMI, Prevent’Horizon, Actuariat Durable et l’initiative de recherche ActInfo.

Les thèmes abordés sont donc en lien direct avec les sujets de recherche de leurs membres : l’application à l’assurance et la finance des data sciences ainsi que la prévention et les risques. En ce qui concerne l’application des data sciences, l’attention s’est principalement portée sur la modélisation de la vie comme un actif, de la mortalité et des déclarations de sinistres ainsi que sur le traitement des données mixtes (qualitatives, quantitatives et données manquantes) et la création de grilles tarifaires. La partie prévention et risque c’est quant à elle concentrée sur la perception du risque en santé, la prévention en santé ainsi que l’effet d’aléa moral en santé et en assurance automobile.

Mon intervention s’est limitée à la création d’un poster sur le sujet de mon premier papier avec Nabil Kazi Tani « Prevention as an equilibrium model ». J’y ai détaillé l’ensemble de mon approche pour résoudre le problème posé ainsi que les résultats et leurs interprétations en assurance. J’ai répondu aux éventuelles questions que les autres participants pouvaient avoir par rapport à cette méthodologie et à l’application des résultats.

 

Steve Briand : Les 11 et 12 juin derniers, j’ai pu participer en tant que spectateur et intervenant à la conférence Chair Days, organisée à Paris par les chaires DAMI, Prevent’ Horizon, Actuariat Durable et l’initiative de recherche ActInfo. Durant une matinée complète, plusieurs intervenants ont pu présenter leurs recherches en lien avec la prévention : l’analyse ex ante des effets probables de l’Accord National Interprofessionnel (ANI) par Florence Jusot, l’impact de la perception du risque dans les comportements d’auto-prévention par Meglena Jeleva, la substituabilité ou complémentarité dans l’arbitrage « Auto-assurance – assurance » par François Pannequin. En particulier, au-delà du cadre théorique s’inspirant de la Prospect Theory, l’économie expérimentale a été mise à l’honneur par la présentation d’un protocole permettant de valider les prédictions théoriques du modèle d’Ehrlich et Becker (1972), en fonction du type de l’agent (risquophobe vs. risquophile).

J’ai pu également présenter les recherches de mon premier article « Time-inconsistency and Delayed Retirement : the French Pension Bonus » lors de la session Posters, non sans lien avec la prévention. Au-delà de sa mesure, le biais comportemental d’inconsistance temporelle affecte la décision de départ en retraite comme les comportements de prévention, alors que les travaux récents de la littérature montrent que le passage de la vie active à la retraite impacte négativement la santé des individus sur le long terme.

 

Morgane Plantier : Plantier M.  The determinants of prevention and health decisions: role of insurance and behavioral biases , Poster présenté à la Conférence des chaires, Institut Louis Bachelier, Paris, 11 et 12 juin 2018.

Ce travail s’intéresse aux décisions individuelles en matière de santé, et en particulier de fait d’adopter ou non un comportement préventif. A partir de données de l’enquête santé et protection sociale (ESPS), et données de consommation de soins de l’assurance maladie, nous avons estimé la probabilité d’adopter un comportement préventif (ne pas fumer, ne pas boire, se faire vacciner, etc.) en fonction de différentes caractéristiques individuelles ainsi que le niveau de couverture assurantielle et les préférences individuelles (aversion au risque et préférence temporelle). Ces résultats préliminaires confirment en partie les résultats théoriques issus du modèle de Ehrlich et Becker (1972) en montrant une complémentarité entre assurance et comportements préventifs.

 

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Le boom des applis santé pourrait-il booster la prévention ?

Dans le cadre de la chaire Prevent Horizon, des chercheurs du laboratoire HESPER ont mené une revue systématique des applis disponibles sur Google Play store en France dédiées à l’auto-gestion des maladies chroniques dans les 4 groupes de maladies les plus fréquentes et les plus fatales au monde, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : les maladies cardiovasculaires, le cancer, les maladies respiratoires et le diabète.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le cas spécifique des maladies chroniques comme celles-ci, le traitement est surtout basé sur des mesures prises par le propre patient dans son quotidien, comme la prise des médicaments à la bonne heure et en accord avec la prescription du médecin, garder une diète appropriée, avoir une activité physique régulière, bien dormir, etc., pour maintenir ou améliorer la qualité de vie et éviter l’aggravement de la maladie. Dans ce contexte, et comme les personnes ont tendance à garder leurs téléphones portables avec eux tout le temps, les applis de santé ont le potentiel d’aider dans cette routine, parfois compliquée, principalement comme support à l’adoption de ces “bons comportements”, mais ces outils peuvent aussi servir comme support à l’éducation thérapeutique et même à la communication entre patient et professionnels de santé.

 

Pour cette étude, les applis ont été téléchargées et analysées en regard de l’existence des techniques d’incitation au changement de comportement (Behaviour Change Techniques, ou BCT, en anglais), et aussi la compréhensibilité de leur contenu et les actions suggérées à l’usager dans le cadre de leur condition médicale ont été évaluées avec un outil d’évaluation des matériaux d’éducation thérapeutique appelé Patient Education Material Assessment Tool (PEMAT), en anglais. L’étude est en train d’être finie et devra être soumise pour publication prochainement, mais ses constatations les plus importantes peuvent être avancées : ces applis en France et en français ne sont pas assez nombreuses et leur contenu, en général, ne peut pas être considéré comme compréhensible pour tous, et la majorité des applis évaluées n’avait aucune action de prévue. Le contenu des BCT était principalement composé, et plutôt restreint à, des comportements d’auto-monitoring, comme des journaux de glycémie ou de tension artérielle. Comme le montrent d’autres études faites à l’international, la majorité des applis de santé ne s’appuie pas sur des preuves scientifiques… La tendance de connectivité et d’utilisation de la m-santé ne fait qu’augmenter, mais il faut que son développement suive de bonnes pratiques basées sur des preuves, pour la validité du contenu médical d’une part, et d’autre part, également important, pour que le rôle de soutenir des actions bénéfiques pour la santé des usagers au quotidien soit efficace.

 

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