*Recherche* Se couvrir contre le risque, entre obfuscation et honnêteté

L’article coécrit par Claire Mouminoux et Jean-Louis Rullière, à venir dans le prochain numéro de l’Actuariel, se propose de revenir sur les conséquences des biais comportementaux dans le processus de choix d’assurance sur un marché où cohabite une multitude d’intermédiaires, chacun comportant ses propres caractéristiques. Les résultats sont tirés à la fois d’une revue de la littérature sur la demande d’assurance, mais également d’une expérimentation effectuée en laboratoire, dans le but de fournir des recommandations aux praticiens de l’assurance.

L’article revient notamment sur le dilemme auquel fait face le consommateur entre, d’une part, explorer le marché par lui-même (via le web) au risque de se perdre dans une quantité trop importante d’information, ou bien déléguer une partie du processus d’achat au risque de tomber sur un intermédiaire qui sert d’abord ses propres intérêts en se souciant peu de ceux du consommateur.

Ainsi la stratégie d’exploration coûteuse du marché se trouve prise entre un effet d’obfuscation (i.e. discernement limité dû à une quantité d’information trop importante) et le risque de subir de la malhonnêteté. Les biais identifiés justifient ainsi la différence de choix des consommateurs, et notamment en quoi la stratégie de recherche d’un contrat d’assurance est révélatrice de caractéristiques comportementales pourtant inobservables. Tandis que certains consommateurs comparent peu ou délèguent la recherche à un intermédiaire (i.e. étant donné un niveau de confiance suffisamment élevé), d’autres préfèrent explorer, conduisant à l’obfuscation et justifiant une importante compétition en prix pour les assureurs, notamment à cause des effets d’ancrage et de focalisation.

En réfutant la croyance populaire qui voudrait que ”Internet est la mort du courtier”, les résultats montrent l’intérêt de la diversification de la distribution en assurance. Afin de lutter contre la sélection contraire, les assureurs ont tout intérêt à, non seulement, offrir un menu de contrats à la M. Rothschild et J.E. Stiglitz en 1976, mais en plus mettre à la disposition du consommateur un menu de canaux de distribution, de manière à mieux le cibler.

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