L'essentiel
- L'examen de prévention en santé (EPS) est entièrement pris en charge par l'Assurance Maladie, sans avance de frais, avec une périodicité fixée à un rendez-vous tous les 5 ans
- Les dépistages organisés des cancers du sein, colorectal et du col de l'utérus sont remboursés à 100 %, chacun selon un âge et une fréquence qui lui sont propres
- Certaines consultations de prévention, des bilans bucco-dentaires pour les enfants et les jeunes ainsi que le dépistage du VIH sont aussi pris en charge intégralement
- Pour l'EPS, l'inscription se fait via l'espace personnel sur Ameli, par courrier à la CPAM ou par téléphone, et le rendez-vous a lieu dans un centre d'examens de santé agréé
- Une mutuelle peut compléter la prévention avec un forfait dédié, pour des dépistages ou des vaccinations non couverts par le calendrier vaccinal
Oui, plusieurs examens de prévention, dépistages organisés et vaccins sont remboursés à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais et sans besoin d'une complémentaire santé. C'est le cas notamment de l'examen de prévention en santé, des dépistages organisés des cancers du sein, colorectal et du col de l'utérus, et de certains actes ciblant les enfants, les adolescents et les femmes enceintes. Voici, poste par poste, ce qui est concerné, à quel âge, à quelle fréquence, et comment engager la démarche.
Quels examens de prévention sont pris en charge à 100 % ?
La prévention en santé publique repose sur un principe simple : détecter tôt coûte moins cher et protège mieux que traiter tard. Pour encourager les assurés à s'engager dans cette démarche sans frein financier, l'Assurance Maladie prend en charge intégralement une liste précise d'examens, de dépistages et de vaccins, en dehors même du dispositif « 100 % Santé » qui concerne, lui, l'optique, le dentaire et l'audition. Ce remboursement intégral s'applique sans avance de frais, dans des situations bien définies.
Les actes concernés relèvent de trois familles. D'abord les dépistages organisés des cancers, comme le dépistage du cancer du sein, du cancer colorectal ou du cancer du col de l'utérus. Ensuite les examens de prévention en santé, qu'on appelait autrefois les « bilans de santé gratuits », aujourd'hui renommés et organisés en centres agréés. Enfin, certains vaccins obligatoires, des consultations de suivi pour les enfants, les adolescents ou les femmes enceintes, des bilans bucco-dentaires pour les plus jeunes, ainsi que le dépistage du VIH.
Une nuance mérite d'être posée d'emblée : être remboursé à 100 % ne signifie pas que tout acte de santé préventive l'est. Une consultation classique chez le médecin traitant pour un motif de prévention générale reste soumise aux règles habituelles de remboursement de la Sécurité sociale, avec intervention éventuelle de la mutuelle pour le reste à charge. Les actes listés ici sont ceux qui bénéficient d'une prise en charge intégrale, par choix de politique de santé publique.
L'examen de prévention en santé (EPS), un bilan gratuit tous les 5 ans
L'examen de prévention en santé s'apparente à un bilan complet dont le contenu s'adapte selon l'âge, le sexe et le profil médical de la personne. Il est entièrement pris en charge et se déroule sans aucune avance de frais, avec une périodicité fixée à un rendez-vous tous les 5 ans. Ce droit est ouvert à l'ensemble des assurés, avec une attention particulière portée aux publics prioritaires, les personnes en situation de précarité, les demandeurs d'emploi ou les jeunes en phase d'insertion, qui peuvent bénéficier d'un accès facilité et de séances plus fréquentes en cas de besoin.
Il faut distinguer ce dispositif des rendez-vous « Mon bilan prévention », déployés plus récemment et ciblant des tranches d'âge spécifiques, alors que l'EPS s'effectue exclusivement au sein de structures dédiées, les centres d'examens de santé (CES), agréés par l'Assurance Maladie et répartis sur le territoire. Pour les détails de ce second dispositif, l'article consacré à Mon bilan prévention détaille les âges concernés et la démarche propre à ce rendez-vous.
Ce que l'EPS permet de détecter
L'objectif principal de l'EPS reste le dépistage des maladies silencieuses. Ces consultations permettent d'identifier de façon précoce des affections souvent asymptomatiques à leur apparition, comme le diabète de type 2 ou l'hypertension artérielle. Le suivi aide aussi à repérer les premiers signes de déclin sensoriel ou d'atteintes cardiovasculaires, utile pour prévenir une perte d'autonomie. À l'occasion de ce rendez-vous, l'équipe médicale vérifie également le calendrier vaccinal et informe sur les rappels à effectuer, un point détaillé dans notre article sur les rappels vaccinaux à chaque âge. En cas d'anomalie confirmée, un compte-rendu complet est transmis au médecin traitant afin de garantir la continuité du suivi.
Comment s'inscrire à l'EPS
Pour s'inscrire, le plus simple est de passer par l'espace personnel sur le site d'Ameli, en remplissant le formulaire de demande disponible dans la rubrique dédiée à la santé. Il est aussi possible de contacter la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM), par courrier ou en appelant le 3646, afin de recevoir une invitation. Le médecin traitant joue souvent un rôle d'orientation et peut conseiller de se diriger vers cette évaluation. Les rendez-vous ont lieu dans les centres d'examens de santé (CES) agréés.
À savoir sur les autres actes pris en charge à 100 %
Au-delà des dépistages organisés et de l'EPS, d'autres actes bénéficient d'une prise en charge intégrale : les consultations de prévention prévues à certains âges, notamment à 3 ans puis entre 16 et 25 ans, les bilans bucco-dentaires pour les enfants et les jeunes, ou encore le dépistage du VIH. Ces actes sont pris en charge à 100 %, même sans complémentaire santé, sous certaines conditions. Il est conseillé de se renseigner auprès du médecin traitant ou du pharmacien pour savoir à quel acte on peut être éligible selon sa situation.
Les dépistages organisés des cancers remboursés à 100 %
Trois dépistages organisés de cancers font l'objet d'une invitation et d'une prise en charge intégrale par l'Assurance Maladie. Chacun répond à un âge, une fréquence et une démarche qui lui sont propres, précisés par l'Institut national du cancer.
Cancer colorectal, un test à domicile dès 50 ans
Le dépistage organisé du cancer colorectal s'adresse aux femmes et aux hommes de 50 à 74 ans, sans antécédents ni facteurs de risque particuliers. Il repose sur un test immunologique à faire chez soi, à renouveler tous les 2 ans. L'Assurance Maladie envoie une invitation selon cette même périodicité. Le test se retire chez le médecin, le pharmacien ou l'infirmier, ou se commande directement en ligne sur monkit.depistagecolorectal.fr. Le test et son analyse sont pris en charge à 100 %. Les modalités complètes, étape par étape, sont détaillées dans notre article sur le dépistage du cancer colorectal.
Cancer du sein, une mammographie tous les 2 ans
Le dépistage organisé du cancer du sein est proposé aux femmes de 50 à 74 ans, tous les 2 ans. Avant 50 ans, ce dépistage organisé n'est pas recommandé à ce jour, hors situation de risque particulier identifiée avec le médecin traitant. Le déroulement précis de l'examen est présenté dans l'article dédié au dépistage du cancer du sein.
Cancer du col de l'utérus, frottis et test HPV
Le dépistage du cancer du col de l'utérus concerne les femmes de 25 à 65 ans, mais la méthode change selon l'âge. De 25 à 29 ans, deux examens cytologiques sont réalisés à un an d'intervalle, puis un troisième trois ans plus tard si les deux premiers sont normaux. De 30 à 65 ans, un test HPV-HR est recommandé tous les 5 ans, à débuter trois ans après le dernier examen cytologique normal. Plus de 3 100 cancers du col sont diagnostiqués chaque année en France, pour environ 800 décès, alors que la maladie est évitable dans 90 % des cas grâce au dépistage, selon l'Institut national du cancer. Le parcours complet est décrit dans notre article sur le dépistage du cancer du col de l'utérus.
| Examen ou dispositif | Qui est concerné | Fréquence | Comment l'obtenir |
|---|---|---|---|
| Examen de prévention en santé (EPS) | Tous les assurés, avec priorité aux publics en situation de précarité | Un rendez-vous tous les 5 ans | Espace Ameli, courrier ou appel à la CPAM (3646), orientation possible par le médecin traitant |
| Dépistage du cancer colorectal | Femmes et hommes de 50 à 74 ans sans facteur de risque particulier | Tous les 2 ans | Test à domicile retiré chez le médecin, le pharmacien, l'infirmier, ou commandé sur monkit.depistagecolorectal.fr |
| Dépistage du cancer du sein | Femmes de 50 à 74 ans | Tous les 2 ans | Invitation de l'Assurance Maladie, mammographie chez un radiologue |
| Dépistage du cancer du col de l'utérus | Femmes de 25 à 65 ans | Examen cytologique (25-29 ans) puis test HPV-HR tous les 5 ans (30-65 ans) | Consultation chez le médecin traitant, le gynécologue ou la sage-femme |
Quels vaccins sont remboursés ?
Certains vaccins obligatoires et consultations de suivi pour les enfants, les adolescents ou les femmes enceintes sont pris en charge à 100 %. Ce remboursement intégral s'applique sans avance de frais, dans des situations bien définies, sans nécessairement passer par le dispositif « 100 % Santé ». Pour l'adulte, le calendrier vaccinal fixe les rappels recommandés selon l'âge et les antécédents, un sujet détaillé dans notre article sur les vaccinations et rappels à chaque âge.
Lors de l'examen de prévention en santé, l'équipe médicale vérifie également le statut vaccinal et informe sur les rappels à effectuer, ce qui en fait un moment pratique pour faire le point en cas de doute sur son carnet de vaccination.
Pour les vaccins qui ne figurent pas dans le calendrier vaccinal officiel, certaines mutuelles proposent des forfaits prévention qui permettent de couvrir ces actes non pris en charge par la Sécurité sociale. La couverture dépend alors entièrement du contrat de mutuelle souscrit, un point abordé plus loin dans cet article.
La démarche pas à pas pour bénéficier d'un remboursement à 100 %
La démarche varie selon le dispositif concerné, mais elle suit globalement les mêmes grandes étapes.
- Identifier sa situation : l'âge et le sexe déterminent si la personne est concernée par un dépistage organisé (sein, colorectal, col de l'utérus) ou par l'examen de prévention en santé.
- Attendre ou solliciter l'invitation : pour les dépistages organisés, l'Assurance Maladie envoie une invitation selon la fréquence propre à chaque dépistage. Pour l'EPS, l'inscription se fait à l'initiative de l'assuré, via l'espace Ameli, par courrier à la CPAM, ou par téléphone au 3646.
- Récupérer le test ou prendre rendez-vous : pour le cancer colorectal, le kit se retire chez le médecin, le pharmacien ou l'infirmier, ou se commande sur monkit.depistagecolorectal.fr. Pour le cancer du sein ou du col de l'utérus, un rendez-vous est pris avec un professionnel agréé. Pour l'EPS, le rendez-vous se tient dans un centre d'examens de santé (CES) agréé.
- Réaliser l'examen sans avance de frais : chacun de ces actes est pris en charge à 100 %, sans qu'il soit nécessaire de régler quoi que ce soit au moment de l'examen ou de l'analyse.
- Suivre les résultats avec le médecin traitant : en cas d'anomalie, un compte-rendu est transmis au médecin traitant, qui oriente vers la prise en charge adaptée si besoin.
Un exemple concret
En consultant son espace personnel sur Ameli pour un autre motif, Lucas remarque qu'il peut demander un examen de prévention en santé, qu'il n'a jamais fait. Il remplit le formulaire disponible dans la rubrique dédiée à sa santé, puis reçoit une convocation pour un rendez-vous dans un centre d'examens de santé proche de chez lui. Le jour J, il passe une série d'examens adaptés à son âge et à son profil, sans avancer un euro. À cette occasion, l'équipe vérifie aussi son carnet de vaccination et lui signale un rappel à prévoir. Quelques semaines plus tard, le compte-rendu est transmis à son médecin traitant, qui fait le point avec lui lors de la consultation suivante.
Ce que la mutuelle peut ajouter à la prévention
La prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie concerne une liste précise d'actes. Pour tout le reste, la complémentaire santé joue un rôle complémentaire, dont l'étendue dépend du contrat souscrit. Certaines mutuelles proposent des forfaits prévention qui permettent de couvrir des soins non pris en charge par la Sécurité sociale, comme certains dépistages ou vaccinations non inclus dans le calendrier vaccinal. D'autres peuvent proposer une prise en charge renforcée pour des consultations chez un médecin généraliste ou un spécialiste.
Ce niveau de garantie dépend notamment du caractère « responsable » du contrat, une notion expliquée dans notre article sur le contrat responsable, qui conditionne aussi l'accès au 100 % Santé en optique, dentaire et audition. Pour comprendre plus largement ce qui reste à charge selon les garanties souscrites, notre article sur le calcul du reste à charge apporte des précisions utiles. Pour une vision d'ensemble des remboursements liés à la prévention, la page Remboursements du magazine rassemble l'ensemble de nos articles sur ce thème.
Il n'existe pas de mutuelle ou d'offre à recommander en particulier : chaque contrat définit ses propres forfaits, ses propres plafonds et ses propres conditions. La seule façon fiable de savoir ce que couvre une complémentaire santé reste de consulter ses conditions générales ou de contacter directement sa mutuelle.
Erreurs fréquentes à éviter
Certaines confusions reviennent souvent. La première consiste à penser que tout examen qualifié de « préventif » est automatiquement gratuit : seuls les actes listés dans cet article, et quelques autres encadrés par la réglementation, bénéficient d'une prise en charge à 100 %. La deuxième confusion mélange l'examen de prévention en santé et le dispositif Mon bilan prévention, qui ne ciblent pas le même public ni les mêmes structures. La troisième erreur est d'attendre une invitation pour l'EPS : contrairement aux dépistages organisés des cancers, l'examen de prévention en santé se demande à l'initiative de l'assuré, il n'est pas systématiquement proposé par courrier.
Enfin, ne confondez pas la prise en charge à 100 % d'un dépistage organisé avec une garantie de résultat ou de diagnostic. Un test ou un examen de dépistage identifie un risque ou une anomalie, il ne remplace jamais l'avis du médecin traitant pour une situation personnelle.
Questions fréquentes
Le bilan de santé gratuit remplace-t-il une consultation chez le médecin traitant ?
Non. L'examen de prévention en santé complète le suivi habituel, il ne s'y substitue pas. Les résultats sont transmis au médecin traitant, qui reste l'interlocuteur privilégié pour toute question médicale personnelle.
Faut-il avancer les frais pour un dépistage organisé des cancers ?
Non, le test et l'analyse du dépistage du cancer colorectal, comme les examens des dépistages du cancer du sein et du col de l'utérus organisés dans ce cadre, sont pris en charge à 100 %, sans avance de frais pour les actes concernés par cette prise en charge intégrale.
Qui peut bénéficier de l'examen de prévention en santé ?
Ce droit est ouvert à l'ensemble des assurés. Une attention particulière est portée aux personnes en situation de précarité, aux demandeurs d'emploi et aux jeunes en phase d'insertion, qui bénéficient d'un accès facilité.
Le dépistage du VIH est-il remboursé à 100 % ?
Oui, le dépistage du VIH fait partie des actes pris en charge intégralement, même sans complémentaire santé, sous certaines conditions. Le médecin traitant ou un centre de dépistage peut renseigner sur la marche à suivre.
Comment obtenir le kit de dépistage du cancer colorectal ?
Le test se retire chez le médecin traitant, le pharmacien ou l'infirmier, ou se commande directement en ligne sur monkit.depistagecolorectal.fr. L'Assurance Maladie envoie par ailleurs une invitation tous les 2 ans aux personnes concernées.
Une mutuelle peut-elle rembourser des vaccins hors calendrier vaccinal ?
Certaines mutuelles proposent des forfaits prévention qui couvrent des vaccinations non incluses dans le calendrier vaccinal officiel. L'étendue de cette prise en charge dépend entièrement du contrat souscrit.
Ce qui frappe, en réunissant ces dispositifs, c'est leur dispersion : un dépistage se reçoit par courrier, un bilan se demande en ligne, un vaccin se vérifie lors d'un rendez-vous dédié. Rien n'oblige à tout faire la même année, mais rien n'empêche non plus de profiter d'un de ces rendez-vous, l'examen de prévention en santé par exemple, pour faire un point global sur son calendrier vaccinal et sur les dépistages auxquels on est éligible selon son âge. La prochaine étape la plus simple reste souvent de vérifier son espace personnel sur Ameli ou d'en parler avec son médecin traitant.
Sources

Clotilde Vasseyre, rédactrice en chef. Journaliste santé, elle traduit les recommandations officielles de prévention en conseils concrets. Chaque chiffre est vérifié à la source.



